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Le contrat de prestataire de mariage, clause par clause

Mis à jour le · par l’équipe Le Livre de Mariage

En bref

Le contrat d’un prestataire de mariage fixe ce qui est fourni, quand, à quel prix, et ce qui se passe si l’un des deux renonce. Le point qui change tout est la nature des sommes versées d’avance : sauf stipulation contraire, ce sont des arrhes (Code de la consommation, article L214-1), et chacun peut se dédire, le client en les perdant, le professionnel en les restituant au double. Un acompte, lui, engage fermement les deux parties.

  • Faites écrire si les sommes versées d’avance sont des arrhes ou un acompte : sans précision, ce sont des arrhes.
  • Le nombre définitif d’invités, l’heure de fin et le tarif des heures supplémentaires doivent figurer noir sur blanc.
  • Demandez ce qui est prévu si le prestataire ne peut pas venir : un remplaçant, et comment il est choisi.
  • La force majeure a une définition stricte : un report décidé par convenance n’en relève pas.
  • Le délai de rétractation de quatorze jours ne s’applique pas à tous les contrats : ne comptez pas dessus pour réfléchir après avoir signé.
  • Le contrat de prestataire n’a rien à voir avec le contrat de mariage signé chez le notaire.

Deux contrats à ne pas confondre

Le contrat de prestataire lie les mariés à un professionnel (lieu, traiteur, photographe, DJ…) pour une prestation datée. Le contrat de mariage, lui, fixe votre régime matrimonial et se signe chez le notaire : voir le contrat de mariage. Ce guide ne traite que du premier.

Devis accepté
Un devis daté et signé, avec la mention de votre accord, vaut en général engagement : lisez-le comme un contrat.
Conditions générales de vente
Les règles du prestataire (paiement, annulation, report), souvent au dos du devis ou en annexe. Elles s’appliquent dès lors qu’elles vous ont été communiquées avant la signature.
Arrhes
Une somme versée d’avance qui permet à chacun de revenir sur son engagement, au prix de cette somme.
Acompte
Un premier versement sur le prix total : le contrat est ferme, pour vous comme pour le prestataire.
Échéancier
Les dates et les montants des versements : sommes d’avance, versements intermédiaires, solde.

Arrhes ou acompte : la différence qui change tout

Le Code de la consommation pose une règle simple : sauf stipulation contraire, les sommes versées d’avance par un consommateur à un professionnel sont des arrhes (article L214-1). Si le contrat dit « acompte », c’est l’acompte qui s’applique. Tout dépend donc de ce qui est écrit.

Arrhes et acompte, côte à côte
ArrhesAcompte
NatureUne somme qui permet à chacun de se dédireUn premier versement sur le prix : le contrat est ferme
Si vous renoncezVous perdez les arrhes verséesEn principe, le prix reste dû, sous réserve des clauses du contrat et de l’appréciation d’un juge
Si le prestataire renonceIl vous restitue les arrhes au doubleIl engage sa responsabilité et peut devoir réparer votre préjudice
Quand s’applique-t-ilPar défaut, quand le contrat ne précise rienQuand le contrat le stipule clairement

Les clauses à lire avant de signer

Ce que le contrat doit dire, clause par clause
ClauseCe qu’elle doit préciserPourquoi c’est important
La prestationLe détail de ce qui est fourni, les quantités, la duréeCe qui n’est pas écrit n’est pas dû.
La date et le lieuL’adresse, l’heure d’arrivée, l’heure de débutUne erreur de date ou d’adresse se corrige avant, pas le jour J.
Le nombre définitifLa date limite pour transmettre le nombre d’invités, et la marge de variation acceptéeC’est sur ce nombre que le traiteur et le lieu facturent.
L’heure de finL’heure à laquelle la prestation s’arrête, et le tarif d’une heure supplémentaireUne soirée qui se prolonge se décide sur place : autant connaître le prix avant.
Les déplacementsFrais de route, péages, hébergement, au-delà de quelle distanceCes frais s’ajoutent souvent au forfait.
Le repas du prestataireFourni par vous, par le traiteur, ou à sa chargeUn repas oublié se règle mal à vingt et une heures.
Le remplacementQui vient si le prestataire est malade ou empêché, et avec quel niveau de prestationUn photographe ou un DJ travaille souvent seul.
L’assuranceL’attestation de responsabilité civile professionnelleLe lieu la demande souvent, et elle couvre les dommages causés pendant la prestation.
Le reportLes conditions d’un changement de date, le délai, ce que deviennent les sommes verséesLa loi ne prévoit pas de droit général au report : tout dépend du contrat.
L’annulationCe qui est conservé ou dû selon la date de l’annulation, par vous ou par luiC’est la clause qui compte le jour où tout ne se passe pas comme prévu.
Les paiementsL’échéancier, la nature de chaque versement, la date du soldeUn solde demandé avant le mariage ou après se négocie avant la signature.
Le litigeLe médiateur de la consommation auquel vous pouvez vous adresserUn professionnel doit vous permettre de recourir gratuitement à un médiateur.

Annulation, report et force majeure

La force majeure a un sens précis : un événement qui échappe au contrôle de celui qui doit exécuter le contrat, qui ne pouvait pas être raisonnablement prévu lors de sa conclusion et dont les effets ne peuvent pas être évités par des mesures appropriées (Code civil, article 1218). Si l’empêchement est temporaire, l’exécution est suspendue ; s’il est définitif, le contrat est résolu et les parties sont libérées.

Un report décidé par vous, même pour une bonne raison, n’est en principe pas un cas de force majeure. Il se négocie avec chaque prestataire selon la clause de report du contrat. Quelques réflexes :

  • Prévenez par écrit, le plus tôt possible, en rappelant la clause concernée.
  • Demandez au prestataire ses disponibilités avant de fixer la nouvelle date avec le lieu.
  • Faites signer un avenant qui précise la nouvelle date et ce que deviennent les sommes déjà versées.
  • Vérifiez si une assurance couvre votre cas : voir l’assurance annulation de mariage.

Rétractation : un délai qui ne s’applique pas toujours

Le délai de rétractation de quatorze jours concerne les contrats conclus à distance (par internet, téléphone ou courriel) ou hors établissement (chez vous, par exemple). Il ne concerne en principe pas un contrat signé dans les locaux du prestataire. Et même à distance, la loi exclut certaines prestations fournies à une date ou à une période déterminée, comme la restauration ou les activités de loisirs (Code de la consommation, article L221-28) : vérifiez si votre contrat en relève.

Sur une foire ou un salon, il n’existe en principe pas de droit de rétractation, et le professionnel doit vous en informer avant la signature. Un salon du mariage est un bon endroit pour rencontrer des prestataires ; c’est rarement le bon endroit pour signer sans avoir comparé.

Les clauses à faire corriger

Dans un contrat entre un professionnel et un consommateur, une clause qui crée un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties, à vos dépens, est abusive et réputée non écrite (Code de la consommation, article L212-1). Sans préjuger de ce qu’un juge déciderait, certaines clauses méritent d’être discutées avant de signer :

  • une clause qui permet au prestataire de modifier seul la prestation ou le prix ;
  • une clause qui vous fait perdre toutes les sommes versées quelle que soit la date d’annulation, alors que le prestataire peut annuler sans contrepartie ;
  • une clause qui l’exonère de toute responsabilité, y compris s’il ne vient pas ;
  • une clause qui vous impose de payer la totalité très tôt sans rien prévoir en cas d’empêchement de sa part.

Le plus simple est de demander une correction écrite avant de signer. En cas de désaccord ensuite, écrivez au prestataire, puis saisissez le médiateur de la consommation dont il doit vous communiquer les coordonnées.

Signer en cinq étapes

  1. Relire le devis finalVérifier qu’il reprend tout ce qui a été convenu à l’oral ou par courriel, quantités et horaires compris.
  2. Demander les conditions généralesLes lire avant de signer, en particulier l’annulation, le report et les paiements.
  3. Faire préciser la nature des versementsArrhes ou acompte, montant, date et moyen de paiement de chaque versement.
  4. Faire ajouter ce qui manqueHeure de fin, heures supplémentaires, nombre définitif, remplaçant, repas, déplacements, attestation d’assurance.
  5. Signer et rangerGarder un exemplaire signé, les reçus de paiement et les échanges écrits au même endroit.

Les contrats dans Le Livre de Mariage

Chaque prestataire a sa fiche : l’état du contrat, le montant, l’acompte et l’échéancier des paiements, chaque versement daté et marqué payé ou non. Le contrat, le devis et les factures se rangent dans les documents, rattachés au prestataire. À deux mois du mariage, un prestataire retenu sans contrat signé est signalé comme un point à régler. Le brief partagé avec chaque prestataire ne montre jamais ni montant ni contrat : seulement ce qu’il doit savoir pour le jour J.

Sources et textes de référence

  • Code de la consommation, article L214-1 (sommes versées d’avance et arrhes) (Légifrance)
  • Code de la consommation, articles L221-18 et L221-28 (droit de rétractation et exceptions) (Légifrance)
  • Code de la consommation, article L224-59 (foires et salons) (Légifrance)
  • Code de la consommation, article L212-1 (clauses abusives) (Légifrance)
  • Code de la consommation, article L612-1 (médiation de la consommation) (Légifrance)
  • Code civil, article 1218 (force majeure) (Légifrance)

Questions fréquentes

Quelle différence entre arrhes et acompte pour un prestataire de mariage ?

Les arrhes permettent à chacun de se dédire : vous les perdez si vous renoncez, le prestataire vous les rend au double s’il renonce. L’acompte engage fermement les deux parties. Sans précision dans le contrat, les sommes versées d’avance sont des arrhes.

Que se passe-t-il si un prestataire de mariage annule ?

Si vous aviez versé des arrhes, il doit vous les restituer au double. Si c’était un acompte, il engage sa responsabilité et vous pouvez demander réparation. Dans les deux cas, écrivez-lui en rappelant le contrat, puis cherchez un remplaçant sans attendre.

Peut-on reporter un mariage sans perdre ce qu’on a versé ?

Cela dépend du contrat de chaque prestataire : la loi ne prévoit pas de droit général au report. Lisez la clause de report, puis faites signer un avenant écrit avec la nouvelle date avant de considérer la question réglée.

A-t-on quatorze jours pour se rétracter après avoir signé un prestataire de mariage ?

Pas toujours. Le délai vaut pour les contrats conclus à distance ou hors établissement, avec des exceptions pour certaines prestations datées comme la restauration. Un contrat signé chez le prestataire ou sur un salon n’ouvre en principe pas ce droit.

Que faire en cas de litige avec un prestataire de mariage ?

Écrire d’abord au prestataire en rappelant le contrat, puis saisir le médiateur de la consommation dont il doit vous communiquer les coordonnées. Le juge reste possible ensuite. Gardez tous les échanges écrits et les preuves de paiement.